L'Improvisiblog... Pour aller un peu plus loin que l'impro...


Transe et improvisation.


Une petite vidéo de Keith Johnstone au sujet de l'improvisation et de l'hypnose.

<center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/watch?v=DcNovOvmMT4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center>

C'est un extrait d'interview. Je recommande la série entière...

Gestion de l'erreur et non compétitivité. 

Vendredi 26 Avril 2014, 18:00

(Pour les gens que j'ai rencontré à St-Antoine cette semaine et qui pourront peut-être apprécier le thème, je fais encore remonter cet article...)

Bon, alors… Ce week-end j'ai discuté avec une personne à qui j'ai dit qu'il y avait un article sur la gestion d'erreur, avec des exercices, sur mon blog… Et après revue de mes articles les plus récents, je me suis rendu compte que l'article en question était bien enfoui dans les archives. Je le fais donc remonter, considérant que son contenu me parait toujours d'actualité. Et je vais lui faire subir une petite mise à jour en lui adjoignant quelques exercices portant sur le fait de s'amuser en se trompant.

Alors voilà cet article... Il remonte à mai 2009... 2 ans et demi! Décidément le temps passe plus vite que je ne le pense...

"Erreur n'est pas faute" tous les inspecteurs de l'Education Nationale et autres didacticiens vous le diront… L'erreur est inévitable dans les apprentissages. En entraînement, elle est particulièrement bénéfique en cela qu'elle permet de réduire les chances qu'elle se reproduise en situation de spectacle.
Mais faire ces constats, n'aide pas vraiment à trouver des solutions pour arriver à la gérer…

Que faire face à quelqu'un qui loupe un exo ?
Dans un contexte de formation où la coopération doit être mise en avant, dans un esprit d'équipe et de plaisir de pratiquer, que faire ?
Comment faire en sorte que l'erreur soit prise en compte sans pour autant instaurer une compétition qui nuirait au groupe ?

Ces derniers mois, j'ai découvert différentes consigne-réactions face à l'erreur dans le cas des exercices en groupe type " Mot lancé ", en groupe, formant un cercle.

  • La manière qui revient (trop) souvent, c'est " Tu rates, tu sors du cercle."
»>La personne qui aurait le plus besoin de l'exo est la première à s'en retrouver privée et se retrouve mise à l'écart.  Issu du modèle de pédagogie transmissive, ça me parait le top de la compétition…. Faire une erreur est une faute qui entraîne une punition. Vous aurez compris que, même si c'est la première que j'ai découverte, elle ne me convient pas du tout.

  • Avoir, dès le départ, 2 (ou plus) cercles d'exercice qui ont, soit les mêmes consignes, soit des consignes différentes. Passage dans le cercle d'à côté quand on trébuche.
»>Il y a encore exclusion du groupe mais, au moins, dans l'exclusion, l'exercice continue.
En cas d'exercices différents dans les 2 cercles, il faut faire attention alors à avoir des difficultés similaires, sinon un cercle va se vider... Sinon, à vous de trouver 2 consignes sur un même type d'exercice, un cercle étant considéré comme le groupe avancé, et l'autre celui où on se prépare pour être dans l'avancé.

Exemple d'exercice avec le mot lancé associé-rimé. Faire 3 cercles. 2 Simples, 1 avec un mot lancé en association d'idée et 1 avec un mot lancé en rime. Et 1 complexe alliant les 2 autres consignes : Chacun devant donner 2 mots d'affilé, un associé à celui du joueur précédent puis un rimé avec celui qu'on vient soi-même de donner. Redescente dans un des 2 autres cercles en fonction de ce sur quoi on trébuche.
On commence à entrer dans la pédagogie différenciée, non?  Ah, oui, ne pas craindre les cercles de 2 ou de 3 personnes seulement, ça fait bosser plus.

  • En cas de non réponse ou de bourde manifeste, le suivant prend le relais naturellement. On insiste sur l'idée que tout continue normalement, inutile de se flageller.
»>Quelqu'un qui a besoin de l'exercice peut se retrouver à passer son tour systématiquement. Mais cela met au centre l'idée que personne n'est infaillible et que la réussite est une réussite de groupe, qu'on peut compter sur les autres.  Contribue particulièrement à faire diminuer la pression  que le-la participant-e se met…  On part du principe que " marquer le coup " ne sert à rien et que ce qui compte c'est que le spectacle continue. Sur scène, ce qui nuit à l'impro ce n'est pas de commettre une bourde, c'est de montrer qu'on en commet une et de s'affliger au lieu de mobiliser son énergie à redresser le tir.
C'est d'ailleurs étonnant de se rendre compte à quel point il est difficile pour certain-e de ne pas montrer de signe d'affliction après une erreur…Question d'éducation ?
NB : Mode de gestion plus facile à mettre en place lorsque l'exercice suit un rythme (dans le cas du mot lancé précisément ou dans d'autres exercices basés sur le fait de compter.)

Exemple d'exercice avec le 1,2,3,4,Fruit,6,Capitale,8,9,Prénom (Un très bon exercice pour la flexibilité cerveau gauche-cerveau droit.). En cercle, tout le monde bat un rythme lentement. A chaque battement, comme au mot lancé, le tour passe au joueur suivant. Au début, c'est très simple, il s'agit de compter de 1 à 10 à 1 à 10, etc...Cela donne donc, 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,9,8,7,6,5,4,3,2,1,2,3,4... Chacun donnant un chiffre à tour de rôle. Un exercice simple de rythme et de mise en synchro.
Mais, quand le principe est bien compris, on indique que le chiffre 5 sera remplacé, dans son énonciation, par un fruit, choisi par le joueur sur lequel le 5 tomberait. A lui de choisir ce qu'il veut. Cela donne donc, 1,2,3,4,Fraise,6,7,8,9,10,9,8,7,6,Pomme,4,3...
Puis, on remplace le 7 par une Capitale.  1,2,3,4,Kiwi,6,Berlin,8,9,10,9,8, La Paz ,6,Poire,4,3... Là, ça commence à se corser...
Puis, on remplace le 10 par un prénom.
Et ainsi de suite. On peut remplacer tous les chiffres les uns après les autres. A la seule condition que le groupe réussisse globalement l'étape précédente. Avec mes groupes, on n'est jamais allé plus loin que ce que j'ai décrit plus haut...
A chaque fois qu'une personne se trompe d'une manière ou d'une autre, le joueur suivant continue comme si de rien n'étais.  Cela donne donc par exemple, 1,2,3,4,Fraise,6,euh..., 8,9, etc

  • Le-la meneur-neuse désigne, à sa seule et très pointilleuse appréciation, la personne qu'il-le considère comme ne répondant pas adéquatement à la consigne et lui dis  " Tu cours ! " Cette personne fait alors le tour du cercle en courant puis revient à sa place. L'exercice se poursuit pendant ce temps.
»>Mise à l'écart mais retour très rapide dans l'exo. Sanction qui a un poids (c'est casse-pied de tourner en rond, surtout à répétition !!!) relatif mais qui a son utilité technique (ça échauffe de courir.) Et puis, c'est aussi un jeu autour de la faillibilité du formateur car on peut être condamné-e à courir même si l'erreur est discutable. Cela permet aussi de percevoir que l'erreur est toujours discutable…Car en impro, les " règles " n'existent que pour qu'on puisse ensuite s'en défaire pour s'adapter à la situation… Et puis, le formateur peut aussi se faire éjecter temporairement lorsqu'il se trompe dans l'exercice, n'est ce pas merveilleux ?

Exemple d'exercice avec le "Tape l'épaule." . C'est un genre de passage d'énergie. Chaque participant se tape sur l'épaule de son choix quand son tour vient. Il tape avec le bras opposé. L'épaule tapée désigne le joueur suivant. On peut donc juste faire passer l'énergie, soit la renvoyer dans l'autre sens. Jusque là, c'est assez classique. Mais il se trouve que l'on compte. A son tour, on dit le chiffre suivant dans la série 1,2,3,4,5,6,7. Après 7, on retombe à 1 : 1,2,3,4,5,6,7,1,2,3,4,5,6,7,1,2...
Mais à 7, le geste est différent. On fait un genre de mime de cadre de tableau autour de son buste. Avec les 2 mains horizontales. Une au dessus de la tête et une au niveau de la ceinture. La personne qui doit recommencer à 1 est celle désignée par la main qui est au dessus de la tête.
On fait quelques tours "gratuits" et quand la consigne est bien intégrée, on fait courir! Et là tout est bon pour faire courir. Une hésitation, une bourde de geste, un oubli. La moindre chose. Ne pas hésiter à être limite injuste sans jamais se démonter. C'est bien simple, coach, vous avez toujours raison. (Surjouer cet état de fait!) Par contre, si vous vous trompez manifestement, vous faites aussi votre petit tour! Lorsqu'une personne se trompe, au choix, soit le coach relance un nouveau tour en redémarrant à 1, soit on laisse le tour de jeu continuer.

Un autre exercice qui peut se jouer avec cette gestion de l'erreur est Boum-digidi-boum-boum (               
Bippity Bippity Bop en anglais.)

La variante de Keith Johnstone et Patti Stiles, rapportée par Bulle Carrée sur Le Caucus, me parait le degré du dessus puisque le-la meneur-euse ne dis pas " Tu cours " mais " Meurs ! " et " le-la mort-e " prend la place du meneur dans le rôle du " tueur ". ça me parait un cran au dessus dans l'aspect violent que peut avoir le relevé de l'erreur. Je ne suis pas sûr que ça soit utile. L'effet "  A la fin, un joueur qui se trompe en vient à crier " Meurs! " en même temps que le groupe ou même avant. " se retrouve tout à fait avec " Tu cours ! " Et ça se passe tout autant dans la bonne humeur.

Je ne pense pas qu'il faille adopter un mode de gestion et le conserver coûte que coûte mais plutôt alterner entre ceux qui collent à votre propre style. Il y en a d'ailleurs sans doute d'autres, que je serai très curieux de découvrir (Mon mail est ouvert !). Alliés à la pratique du feedback en sandwich, ce sont pour moi des moyens de former en minimisant la frustration et en maximisant la bonne humeur.
Car je retiens que, quel que soit le mode de gestion utilisé, la bonne humeur est essentielle !!!
Let's amuse !

Biblio et bases théoriques:
¤Bulle Carrée sur le Blog  Le Caucus : Le plaisir de se planter
¤Article Erreur de Wikipedia.
¤Astolfi, " Chercheurs et enseignants: Repères pour enseigner aujourd'hui. " INRP, 1999
¤Paul-Cavallier," Jeux de coopération pour le formateur ", Eyrolles, Ed d'Organisation 2008.

Travail par Scènes Portes d'entrée des catégories "historiques."

Mercredi 13 Février 2014, 13:13

Les gens qui me connaissent savent que je suis un fan de construction, de belles histoires bien ficelées et tout et tout... Ce n'est pas pour rien que je suis attiré par les formes d'impro longues...
Mais il y a quelques temps, j'ai pris un cours de commedia dell'arte. Un cours d'initiation de 2h.
Notre sympathique formateur nous a fait travailler les lazzi. Ce qu'il a définit comme des séquence de gag entre personnages prédéfinis.
Il a eu une phrase qui a retenu mon attention : "En 3 minutes, vous ne pouvez pas improviser une pièce de commedia dell'arte en entier. D'ailleurs un arbitre qui vous donne une commedia dell'arte en 3 minutes, il faut le jeter."
Cette phrase a sans doute dû tourner un peu dans ma marmite intérieure quelques temps avant de ressortir cette semaine.
En fait, cette phrase pourrait s'appliquer à n'importe quel genre.
Qui oserait rendre justice à un western en 3'30? Qui pense vraiment rendre à Tim Burton ce qui appartient à Tim Burton en 2 minutes?
Alors bien sûr, il est possible de prendre des personnages "qui ressemblent", des décors "comme si..."
Mais est-il possible, en faisant une histoire début-milieu-fin, de faire un film de péplum en 3 minutes? (Rien que de le dire...)
Cette semaine, un peu par hasard, j'ai proposé à mes élèves de ne pas s'évertuer à produire une histoire complète mais, par contre, de prendre la catégorie sous une "scène porte d'entrée" rarement utilisée. J'ai utilisé comme support le western.
Parce qu'une impro western c'est presque toujours un poncif...
Dans 80% des impro, le western passe par un saloon, où arrive un cow-boy, qui en défie un autre (ou l'inverse) et ça finit par un duel. Replacez vous-même les services de décoration : la danseuse de cancan et le barman, le croquemort qui prend des mensuration et une boule de foin qui roule dans le vent.
Et c'est plié.
Après une impro de "démo" où quasiment tout était prévisible à l'avance, je leur ai demandé de refaire le travail de base quand on travaille sur une catégorie temporelle : Faire la liste de tous les personnages possibles. Et il y en a beaucoup plus que 3... Conducteur de diligence, de train, chercheur d'or, maquerelle, desperados mexicain, charlatan ambulant, chef-indien, homme-médecine, squaw, télégraphiste, chasseur de prime,banquier, sheriff, propriétaire de plantation, joueur de poker professionnel, gradé de l'armée sudiste, et j'en passe...
Déjà rien que là, le possible des histoires s'enrichit considérablement.
Ensuite, j'ai replacé l'état d'esprit des gens à l'époque et les événements contemporains.
J'ai ensuite proposé de partir d'autre "poncifs" du western mais qui ne sont, eux, jamais utilisés ou presque... J'ai, dans la consigne, insisté sur une chose : Ne vous pré-occupez pas de l'histoire. Si des choses se présentent jouez-les mais faites surtout en sorte de faire vivre la scène, avec des personnages typés et, si ça se présente, ne pas avoir peur des silences. Temps d'impro 1'30.

  • Le lynchage.
  • La partie de poker.
  • L'évasion du pénitencier.
  • Le braquage de la banque.
  • L'attaque du train par les mexicain.
  • Découverte de la mine d'or.
  • La torture par les indiens

Les impro ont été excellentes. Débarrasser de l'obligation de faire une histoire qui aurait beaucoup avancé, les joueurs se concentrent sur l'instant et colorent beaucoup. Et les histoires avancent! Parfois plus et mieux que d'habitude!

Ce soir, on a ensuite prolongé l'exercice sur du médiéval "Le bûcher" et "Les moines copistes". Puis "le tribunal martial" de la science-fiction. J'ai peut-être des élèves particulièrement supers mais c'était juste très très bien.

Je pense que je vais pas mal creuser cette manière de travailler.
Car en match d'impro, nous faisons surtout du court-métrage. L'occasion de montrer de belles choses mais pas forcément d'en dire beaucoup.

Retour en cuisine.

Mercredi 30  Janvier 2014, 13:13
Récemment, j'ai participé à un spectacle. Je me suis bien amusé.
Sans que je le sache, dans le public une personne prenait des notes. Pour ensuite nous faire un debrief.

J'ai refusé de recevoir ce debrief dans mon mail.

Sur le moment, ce refus est venu spontanément, un peu bravache, un peu bon enfant. Mais j'avais un peu mauvaise conscience. Je me suis dit que j'y réfléchirais plus tard.

Et bien si c'était à refaire, je referais sans doute pareil.

Ma mauvaise conscience venait de mon juge intérieur qui me disait "Mais? Tu ne veux donc pas t'améliorer?  Tu penses que tu n'en as pas besoin? Bonjour l'Ego! Et peut-on refuser quelque chose de si gentiment offert?"

Et bien en fait, il m'a suffit de répondre à mes propres questions critiques.
Non, ce soir là, je ne jouais pas pour m'améliorer. J'avais juste envie de m'amuser à jouer. C'était mon objectif, j'y ai mis tout mon entrain et j'ai réussi ce que je voulais réussir. Je me suis amusé. Pour la qualité générale du jeu...Et bien on m'a appris, et je le vois à chaque spectacle des Impropotames, que lorsqu'on s'amuse et qu'on y croit, peu importe la qualité de jeu, le spectacle est agréable à voir.

Alors oui, j'ai peut-être besoin d'un regard extérieur et de pistes d'amélioration. Mais j'aime choisir qui et être sûr du comment. En fait, quand j'ai besoin d'aide, je la demande. Dans mon article sur le feedback, c'est d'ailleurs un des manques : un des pré-requis indispensables à une aide, y compris un debrief, c'est que cela soit demandé. Sinon, c'est la porte ouverte à des jeux psychologiques qui finissent souvent par des sensations désagréables (Pour le moins). Dont le plus connu est le triangle VSP.

Dans l'anecdote ci-dessus, le jeu fut court mais a effectivement "mal" fini. Une personne fournit son aide sans que cela soit demandé. Elle se pose dans la très gratifiante posture dite de "Sauveur". Ce faisant je suis d'emblée intronisée "Victime". Je peux accepter cela. Mais dans ce cas, j'accepte de me considérer en incapacité, comme étant "A sauver". Je n'en suis pas là... Si je refuse, je me retrouve alors dans la 3e et dernière case possible du jeu, "Persécuteur". "Je" lui aurai alors fait dépenser son temps et son énergie pour rien. Et le "Sauveur" se retrouve alors "Victime". Moi, j'ai le mauvais rôle de "Persécuteur" alors que je n'ai rien demandé. Et dès le lendemain, une connaissance commune, me reproposant de m'envoyer le debrief "Une page bien faite et sympa" (Une page, Mon Dieu! C'est trop trop long pour moi.) , se place en "Sauveur". Je confirme mon refus.

Aurais-je dû prendre le risque de lire une critique mal formulée? de m'exposer à un mini-racket émotionnel? de servir de support à un exercice narcissique de mise en position de juge?
Peut-être. ça m'arrive de le faire après tout...Et bien souvent, tout se passe pour le mieux.
Mais là, je n'avais juste pas envie d'envisager ne serait-ce que la possibilité de devoir gérer ça.

Rappeler vous juste que lorsqu'on fait "sans" l'autre, dans le domaine de l'aide, on fait "contre" l'autre. ça vaut dans la vie, ça vaut dans les debrief d'impro.
Oui, on peut refuser un debrief si on n'en veut pas.
Et le mieux est encore de demander avant, après le spectacle, voire même juste avant de faire le debrief, si l'autre le veux. Allié à un bon sandwich-feedback, c'est la meilleure manière d'agir dans un cadre protégé. Et d'éviter que votre debrief finisse soit à la poubelle, soit dans un juste retour en cuisine. On ne sert pas la viande, à quelqu'un qui veut du poisson. Et moi, de toute manière, je suis végétarien.

Pour mieux-être, arrêtez d'être tout en même temps...

Mercredi 12  Décembre 2013, 12:12

Lorsque l'on aborde la question du conte, je donne du texte à apprendre. Et c'est une remarque que l'on me fait à chaque fois : "Mais je croyais que c'était de l'impro!"
Au début je grommelais un peu sans plus me justifier. Maintenant cela me permet d'aborder une explication technique.
Je leur donne du texte à apprendre parce que c'est le meilleur moyen de travailler leurs compétences de conteur/conteuse.
En fait, un improvisateur est à la fois un auteur comédien qui met en scène immédiatement ses propres idées.
Cela fait 3 métiers en un.
3 vrais métiers.
Or la plupart du temps en impro, on tâche de toutes les travailler en même temps.
On utilise des astuces et des recettes supposément efficaces pour être au four et au moulin. Mais incarner un conteur demande, selon moi, un apprentissage fin, qui ne peut pas se satisfaire du fait que l'on soit focalisé sur la production cohérente du texte. Donner du texte, c'est décharger de la fonction d'auteur. Cela permet de conserver toute son énergie sur les compétences de comédien et de metteur en scène.  Je pense que cela est important pour intégrer les compétences d'acteur. (Sinon, ça ne serait pas un métier, non?) Apprendre à vivre plutôt que jouer, utiliser un sous-texte, utiliser tout son corps, donner dans l'hallucinose, cela demande des ressources qu'il faut parfois dégager pour s'entraîner séparément.
Donc un peu de texte de temps en temps, c'est utile pour mieux s'en passer plus tard.

Cette séparation des rôles est mise en exergue dans un format de spectacle qui me plait bien qui s'appelle un Battle de Metteurs en Scène. 3 ou 4 metteurs en scène disposent d'un pool de comédien-nes improvisateurs-trices qui répondent à toutes leurs demande en temps réel. Chaque metteur en scène met, en direct, en scène une impro en donnant des indications à voix haute, comme le faisait parfois Kantor. Après que tous soient passés, le départage (dont on se fiche un peu...) se fait à l'applaudimètre puis on refait un tour. Chaque metteur en scène dispose d'un total de 20 ou 30 minutes qu'il doit répartir comme il le souhaite dans chacune des 3 impros (pour 3 rounds). Les impro y sont très particulières. Elles ont une cohérence d'ensemble et défendent un vision. Dans ce format, on peut se permettre de prendre des partis impossibles autrement. Le concept est, en soi, un très bon exercice. Je l'utilise avec mes élèves les plus chevronnés. Il leur permet d'apprendre à voir la scène dans son ensemble, de comprendre l'intérêt de travailler l'impro à objectifs et bien sûr de "travailler leur metteur en scène."

Pour finir cette séparation des rôles m'a permis de prendre un peu de recul sur cette expression que l'on utilise fréquemment "Devenez acteur de votre vie".
Je pense maintenant que cette injonction, qui me paraissait un but assez noble, est un piège.
ça a l'air splendide et plein de potentiel mais c'est une forfaiture.
L'acteur dit le texte qu'on a écrit pour lui et le fait de la manière qu'on lui a dicté.
Si vous voulez prendre votre vie en main, il me parait judicieux de viser AUSSI les postes d'auteur et de metteur en scène.
Sinon, même si vous jouez bien, vous n'êtes qu'un pantin.
Donc devenez auteur de votre vie.
Devenez son metteur en scène.
En enfin, vous jouerez.
(3 lignes à lire et relire en écoutant une musique de fin lénifiante, genre ça. C'est bien ça puis aller conquérir le Monde, mais mettre des moufles d'abord car il fait un peu froid dehors.)

Je vais recommencer à publier un peu

Comme vous l'avez peut-être constaté, j'ai un peu délaissé cette partie du site (voire le site entier...) ces derniers mois. J'ai eu une vie bien remplie et dans laquelle j'ai fait quelques choix. Je ne les remets pas en question mais le site sera sans doute mis à jour un brin plus souvent. C'est notamment lié au fait que je vais intensifier les spectacles. (J'en aurai fait seulement 3 au cours du 2e semestre 2012!!!) En effet, j'inaugurerai début janvier mon tout premier spectacle à texte. 1h30 de conférence gesticulée marionnettisante autour de la pub et des rouages de la propagande. Je compte bien le tourner. Et le théâtre va reprendre de la place dans ma vie. Je pense donc qu'il va y avoir de la lecture et de la réfléxion dans l'air. L'avenir nous le dira... Passez faire un tour une fois par mois par ici, juste pour vérifier

Au passage, je vous recommande le tout nouveau tout beau et très divertissant site "Je fais de l'impro"...

Comment démasquer un improvisateur...?

Vous pensez qu'un de vos proche fait de l'impro sournoisement dans son coin, en scred ?
Voici une méthode pour repérer...
Un indice : Il est tellement habitué à un mime de haute qualité qu'on ne peut faire la différence entre ses gestes de théâtre et ses gestes de la vie courante... Il a tellement travaillé la précision, le détail, l'imitation parfaite qu'il vous mystifiera de sa dextérité de chaque instant, comme venu d'un autre monde. From the out
Ou pas.

Un stage d'impro chantée à refaire.

Aujourd'hui stage d'improvisation chantée.

J'en sors un peu mitigé.

J'ai pratiqué des choses enrichissantes de mon jeu. J'ai découvert un point de vue nouveau et qui me parait juste autant que compatible avec le mien. Et j'y ai appris plein de choses intéressantes.

Par exemple, les portes d'entrées d'une chanson :

  • Le style musicale qui se pose par le tempo, la rythmique, la posture, le phrasé de la voix, la couleur de la voix.

  • Les tapis sonores. Créer un tapis sonore de  bruitages en circle song, ce tapis étant sur le thème d'un lieu. Une personne se dégage du cercle et on l'accompagne ensuite.

  • La musiques des phrases habitées. L'intonation de la phrase, de plus en plus habitée d'émotion, s'infléchit et prend du relief. On utilise alors la musique de cette intonation.

Tout l'intérêt du stage réside dans le fait que, ici, pour créer des chansons, on ne réfléchit pas. On utilise ce qui vient. Le cerveau intervient en dernier. On bouge selon nos émotions. Selon la profonde spontanéité des émotions.

Petit souci : 1)Cela demande des émotions sincères  2) Cela fatigue énormément.

Et je pense que l'intervenante, qui a grandement l'habitude de l'exercice pour elle-même, n'était pas forcément à l'écoute de ce que son atelier pouvait produire sur les personnes présentent. En tout cas pas de ce que ça a produit sur moi.

A titre perso, j'ai du vivre sincèrement terrorisé pendant 15 très longues minutes. Je pense que je l'ai très bien fait. Mais ça m'a purement et simplement siphoné. Alors quand il a fallut jouer derrière la colère, la déception ou le désir.... Je n'avais plus guère d'énergie. Et d'ailleurs, peur, colère, déception, désir, ça ne fait pas beaucoup d'énergie positive tout ça. Beaucoup de dépense pour peu de retour d'énergie. Et, du coup, en fait, j'étais surtout remonté contre l'intervenante...

Je pense que son message central "Sur scène, il doit se passer de l'extra-ordinaire et en conséquence, il faut que tout soit réalisé avec beaucoup plus d'énergie et d'intensité" est très juste. J'ai d'ailleurs tout à fait apprécié l'échauffement. Un échauffement tout simple, présence au corps (automassages), échauffement articulaire et voix, terminé par une ballade crescendo (Vous flânez, vous marchez, vous êtes un peu en retard, très en retard, vous êtes poursuivi.) Mais réalisé selon cette idée qu'il faut être intensément présent ici et maintenant, que se concentrer sur le corps est un vecteur de ça, que l'échauffement c'est le sas de l'ordinaire vers l'extra-ordinaire. Ce n'est pas seulement une préparation, c'est un chemin. Et c'est d'ailleurs ce qui m'a manqué lors de la finale du catch impro de Rumilly. (C'est la seule rencontre du festival où je n'ai pas fais d'échauffement. Avec le résultat peu intéressant que j'ai expérimenté...)

"Tout doit être réalisé avec plus d'énergie et d'engagement", ça me parait donc très juste. Mais pendant un atelier de 6h... Avec très peu d'éléments nous retournant notre énergie. (Pause assez courtes, pas de public, pas de musique boostante...) Si à un moment on se "coupe de la source" d'approvisionnement énergétique (Genre si on passe à côté d'un exo ou si on vit terrorisé pendant un quart-d'heure...), ben, on fini à plat. En tout cas, moi, j'ai fini à plat...

J'aboutis donc à l'avis paradoxal que le stage est très bien mais que pour moi il ne s'est pas très bien passé... Il serait sans doute judicieux de le refaire.

Mais avant j'ai vraiment envie de faire le stage de Clown proposé par Magali Docteur cet été. Je pense qu'elle ne serait pas passée à côté de mon malaise et qu'on aurait apporté des pistes de solution.

Par contre, niveau énergie, l'intervenante d'aujourd'hui, c'était tout à fait incroyable. Quelle pêche !

The Infinite Adventure Machine.

Dimanche 27 Novembre  2011, 10:10

Il s'agit d'un logiciel prototype en cours de développement.
Ce logiciel, se basant les 31 fonctions narratives de Propp (Que j'espère, amis élèves apprentis conteurs, avez encore en mémoire...N'est-ce pas...?.)
Ce logiciel propose un canevas de propositions. A chaque nouvelle proposition, il propose une image.
Ensuite, à vous de composer l'histoire. The Infinite Adventure Machine se  veut être un lien entre humain et machine dans la création littéraire.... Bôf sur ce point. Etait-ce bien urgent et important?
Néanmoins, cela me parait un bon outil pour s'entraîner à faire des contes dans son coin.

Temps et créativité

Dimanche 6 Novembre  2011, 10:10

Créer dans l'urgence est une manière de faire de l'impro. Et si on prenait notre temps...? Ce serait encore de l'impro?

Sport et impro.

Dimanche 16 Octobre  2011, 10:10

Le championnat de Haute-Savoie d'impro vient de commencer... Alors il me semble bon de faire maintenant ce billet qui stagne depuis quelques temps dans un coin de ma tête
Ce billet expose un point de vue très personnel : Le théâtre d'improvisation n'est pas un sport.
L'improvisation et le sport me semblent même profondément incompatibles.

Cette vidéo a finit de me donner des arguments en ce sens...


Ultra Sieste 2010 - Fabien Ollier 1sur2 par Alambik_info


Comment une technique dont l'art consiste, entre autres, à créer du beau en coopérant et en laissant disparaître l'ego pourrait s'accommoder du sport?

Alors, oui, il y a le match.

Le match est un décorum. Un artifice qui permet de populariser ce que nous faisons. Un stratagème qui permet d'attirer les foules en leurs rendant accessible et interactif notre activité de création sur l'instant. Mais le match est une illusion. Le prendre au sérieux c'est s'exposer à se couper de l'état d'esprit nécessaire pour jouer bien. Et, au contraire, faire vraiment disparaître le besoin de briller, d'être reconnu, plus que l'autre, expose à la satisfaction que peuvent avoir ceux qui n'ont pas d'attente.

J'entends très souvent avant le match "Aller! Ce soir, on joue pour se faire plaisir, la qualité avant tout, on s'amuse." mais ce sont souvent des voeux pieux qui n'aboutissent pas. Le simple fait qu'il faille le formuler est déjà un aveu : Si on ne le disait pas, que ce passerait-il?

Les édifices narratifs éphémères sont des choses trop fragile pour supporter l'intégration des valeurs véhiculées par le sport...

Désolé.

Ou pas.

Hack theater.

Dimanche 18 Septembre  2011, 10:10

En ce moment, je m'intéresse aux hackers. Et plus j'avance dans mes découvertes, diverses et variées, plus j'ai l'impression que le théatres d'impro forme des hackers.

Selon ce que j'en saisis, le hacker est une personne qui sait donner aux choses un objectif et/ou un fonctionnement différent de celui pour lesquels ces choses ont été conçues.
C'est une personne qui n'a pas spécialement de connaissances à la base mais a les compétences pour aller chercher ce qui lui manque. Et qui, de fait, fait grandir son champs de connaissances de manière autonome. Une personne qui se trompe, essai, bidouille, refait, dans une créativité initialement débridée puis dirigée. Une personne qui pratique, encore et encore. Avec plaisir, passion...et un brin de subversion...

Dans une société qui recherche l'uniformité et l'obéissance à des règles, on comprendra alors facilement que le hacker soit considéré comme (traduction littérale) un pirate. Peut-être faut-il alors reconsidérer la connotation du mot pirate car sans eux, la créativité ne s'exprimerait que dans les cadre connus (!). Pensons à l'apport des radio-pirates au paysage audiovisuel dans années 80 et à la culture en général... D'ailleurs, au delà de l'informatique ou des radio, selon cette définition, on peut alors être Hacker dans bien des domaines, dans tous les domaines où le détournement est possible en fait... C'est large...

Alors pourquoi pas imaginer que le théâtre d'improvisation est un outil de hack...

Comme, par exemple lors du le spectacle "Comédies Françaises" par le Théatre du Marché aux Grains. Un spectacle où toutes les comédiennes ont appris tous les rôles féminins de 9 pièces de boulevard, idem pour les comédiens et les rôles masculins. Chaque soir, ont tire 3 pièces au hasard. Et ce sont ces pièces qui sont jouées, les unes dans les autres, entremêlées, le passage de l'une à l'autre étant marquée par le changement de costume et de décor. A n'importe quel instant un comédien-ne pouvant se substituer à un-e autre dans le même rôle. Seule la mise en scène est improvisée et tout cela est d'une clarté et d'une précision troublante... C'est très loin de ce qu'aurait imaginé Feydeau et Labiche mais très respectueux et tellement, tellement mieux.

Mais hacker les auteurs, n'est-ce pas ce que l'on fait, avec une moindre maîtrise mais quand même, lorsque l'on joue "A la manière de..." Ou lorsqu'on opère des cross-over de genre (Molière version Japonnaise?)
N'est-ce pas hacker la règle du 4e mur lorsqu'on va jouer dans le public? Et quid de l'unité de temps lorsqu'on fait des flashback???
Cet état d'esprit souple, flexible se fixant des règles au dela des règles me parait l'essence du hacker.

On pourrait alors imaginer le Hacking Théatre, dont le postulat de base serait de partir exclusivement de choses pré-existantes dans un autre cadre (Le Hacker ne bosse pas ex nihilo, ce n'est pas un inventeur mais un transformateur.) : Texte, mises en scène, décors et d'en faire autre chose. Mais un autre chose travaillé. Pas seulement fabriqué dans l'instant mais ensuite repris, peaufiné. Pas une reprise, mais une évolution... Un truc un peu plus ambitieux que juste "mettre à ma sauce"...

ça demanderait à être réfléchi encore ce truc...

Mais, on se sert aussi de l'impro pour hacker autre chose que le théatre...
La marche du quotidien par exemple...

Par exemple pour court-circuiter des fonctionnements sous-jacents de la société ou les mettre en lumière. Certains de mes élèves se souviendront peut-être de l'opération de Guerilla Gardenning /Jardinage de Guerilla que nous avions mené pour protester contre le fleurissement en déshérence de la MJC (Friche toute l'année mais explosion de couleurs bien chères...en été...quand y'a personnes...). Opération qui avait servi de substitutif à une autre, bien moins édulcorée sur la mise du bâtiment sous vidéosurveillance sans aucune consultation...

Il y a aussi  ça par exemple, sur le thème du logement...




Le théâtre est alors l'outil pour donner au gens qu'on croise une vision élargie du monde. Faire surgir l'absurde crédible par le prolongement d'une idée effectivement existante... Et montrer ainsi l'absurde  de ladite idée.
Et au delà, alors que plus personne ne croit (Consciemment du moins) à ce qu'on peut voir au cinéma, c'est aussi l'occasion d'emporter le public dans une expérience où il n'a pas d'abstraction à faire...

J'ai bien conscience de ne pas apporter grand chose de nouveau sur le fond puisque tout cela existe déjà. Il s'agit plutôt d'une réflexion sur le regard que l'on porte sur soi en tant qu'improvisateur-trice. Sommes nous des artisans, des improvisateurs, (ce qui est déjà bien) ou, en plus, nous posons nous des questions ? [ <-Point d'interrogation   ] Est-ce que les compétentes que nous développons ne sont pas celles dont font preuve les hackers? Dans ce cas, selon quelles règles, et dans quel objectif pratiquez vous?

Exercices de prénoms.

Dimanche 4 Septembre  2011, 10:10

En ce début d'année, temps d'arrivée de nouveaux-velles adhérent-e-s dans les ateliers, il me parait opportun de rassembler ici quelques exercices ayant les prénoms comme support...

-Le clap prénom.

Les participant-e-s sont en cercle. Il-le-s utilisent leur voix, leur regard et leurs mains. On se "passe" une balle virtuelle. Chacun-e la reçoit puis la transmet. Lorsqu'on la reçoit, on dit une chose, lorsqu'on l'envoie, on dit une autre chose...

Version 1: A réception, on dit le prénom de la personne qui nous l'a envoyée. A l'envoi, on dit son propre prénom.
Version 2: A réception, son propre prénom. A envoi, le prénom de la personne à qui on envoie.
Version 3: A réception, le prénom de la personne qui nous l'a envoyé. A l'envoi, le prénom de la personne, non pas à qui on envoie, mais à laquelle on veut que elle envoie...

La vitesse n'a pas grande importance. Cet exercice étant un des premiers de l'année, éviter de sous-estimer la mémoire de travail que cela suppose. Car il demande aussi de porter son attention sur le fait qu'on articule, qu'on porte suffisamment la voix et qu'on vérifie que l'autre est disponible.  Surtout lors de l'...
Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de clap mais 2, puis 3, 4...

-Le don de prénom.

Toujours en cercle, mais maintenant les participant-e-s sont amené-es à se déplacer. Il-le-s ne sont plus dans le confort d'une place au sein du groupe mais s'en extraient... On se passe toujours la parole mais pour ce faire, on va au centre du cercle. On y reste au moins une à 2 vraies secondes (Evolution possible : On regarde tout le monde à tour de rôle dans les yeux...) puis on s'oriente vers une personne du groupe et on dit, distinctement :

Version 1: son propre prénom.
Version 2: le prénom de la personne vers qui on s'est dirigé-e.
Version 3: le prénom de la personne vers laquelle, on veut qu'elle se dirige.

Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de don de prénom mais 2, puis 3, 4... Attention alors tout particulièrement à la disponibilité de l'autre dans la version 3 car il peut parfaitement il y avoir 2,3 ou 4 personnes qui vont vers la même personne en même temps. Voyez comment les participant-e-s résolvent ce problème. Vont-il-les se décharger et tous-tes donner à leur cible un nouveau prénom, à la cible ensuite de gérer la mémorisation et l'ordre des tâches? Ou vont-il-les faire la queue et attendre chacun-e que leur cible ait terminé sa tache précédente pour lui en donner une autre? Ou vont-il-les laisser le choix du fonctionnement à la cible...? Ou...? Avec l'exploitation éventuelle que vous voulez derrière, suivant votre orientation dans l'impro (Etes-vous plutôt performance ou coopération?)

-Les bonjours émotionnels.

Une bonne manière de commencer une séance sur les émotions et les états internes. Les participant-e-s marchent dans l'espace. Lorsqu'il-le-s se croisent il-le-s se disent "Bonjour + le prénom de la personne d'en face". Vous proposez régulièrement de changer la manière de dire ce bonjour.
Colérique, avec une sincère bienveillance et peut-être une pause dans la marche, Amoureux, Bonjour d'un dimanche matin, neutre, pressé, haineux, hypocrite, tendre, moqueur, administratif, etc....
Tâchez d'équilibrer les "positifs" et les"négatifs"

-Le loup-prénom

Un exercice qui donne vite chaud... Les participant-e-s courent et doivent échapper à l'un-e d'entre eu-lle-s, le loup.

Version 1: Jeu sans perdant. Quand il touche un mouton, celui-ci devient le loup et le loup redevient un mouton. Pour que la touche soit valable, il faut que le loup donne le prénom du mouton qu'il touche au moment où il le touche.

Version 2: Jeu un peu plus coopératif mais avec perdant. Le loup reste le même tout le long du jeu. Quand il touche un mouton, celui-ci se glace sur place et se tient les jambes écartées. Il est libéré si une personne passe sous ses jambes en disant le prénom du mouton. Le mouton glacé peut attirer l'attention des non-glacés en disant son prénom. Le loup l'emporte si tous les moutons sont glacés.

Version 3: Version de l'épervier, compétitif pour les oisillons, coopératif pour les éperviers. Le groupe de participant-e-s désigne cell-ui qui sera le premier maillon de l'épervier. L'épervier se place au milieu de l'espace (d'une longueur suffisante pour permettre de courir d'un côté à l'autre et d'une largeur suffisante pour pouvoir contourner l'épervier...ça fait grand...) Le groupe se place à un bout du terrain. Dès que le signal est donné, tous-tes les participant-e-s doivent traverser le terrain. Une fois qu'il-les sont élancé-e-s, l'épervier tente d'en attraper. Les personnes prises par l'épervier lors de leur traversée lui donnent la main, formant une chaîne. Cette chaîne est le nouvel épervier. Au début de chaque tour, le maillon le plus ancien énonce le nom de 2 personnes qui seront les cibles privilégiées de l'épervier. Il n'a rien le droit de dire de plus. L'épervier est, en dehors de ça silencieux. S'il rate les 2 cibles ou s'il se sépare en 2, l'épervier perd son maillon le plus ancien, celui-ci (re)devient une proie.
Une autre traversée est alors lancée et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une personne libre. Elle a gagné. (Et on lui remet une médaille en amidon de patate! Bravo!)

-Faire corps.

Les participant-e-s marchent dans l'espace. Le coach donne un ou plusieurs prénoms. Les participant-e-s doivent se regrouper en autant de groupes autour des personnes nommées.

Variante: Proposer un nombre de personnes pour chaque prénom. "Tazio 5! Elizabeth 3!" donnera un groupe de 5 autour de Tadzio et un groupe de 3 autour de Elizabeth. Un brin plus compliqué "Marcel 2! Gudrûn 3! Cindy!" signifiera que toute les personnes en excès devront aller vers Cindy...

-Le Tour de prénom.

Basique et pas forcément des plus efficace mais permettant de travailler la mémoire "sêche" (sans émotion, sans amusement... Version vieille école quoi...). A tour de rôle, chacun dit, dans l'ordre, le prénom de toutes les personnes qui l'on succédé dans le jeu puis termine par le sien. Ce qui donnera
"Mouloud"
"Mouloud-Griselidis"
"Mouloud- Griselidis-Keiko"
etc...
Les premiers ont donc moins de boulot que les derniers...

Bien sûr, il n'aurait pas beaucoup de sens d'enchaîner ces exercices au cours d'un même atelier. Mais  en avoir un petit panel permet de varier les présentations au cours des 3-4 premières rencontres. Et d'éviter la lassitude que peuvent avoir les gens face à un exercice qui serait trouvé rébarbatif (Genre le Tour de prénom...)

Et puis la présentation de chacun, c'est souvent aussi la toute première impression de votre année de cours. Alors quelle première impression aller vous essayez de donner..?

Je vous ai donné tous les exercices de prénoms auxquels j'ai pensé alors si vous en connaissez d'autres, soyez sympas, partagez! J'ai intégré une fonction "Commentaire" sur le blog, c'est fait pour ça

De l'intérêt de colorer...

Dimanche 16 Août  2011, 10:10

Pour commencer cet article, je vais reprendre le début d'un autre, plus ancien, qui traitait de structure du récit.

"Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d'une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l'histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l'histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c'est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C'est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d'une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l'histoire."

Ce billet de blog de Martin Vidberg, BDiste de plus en plus de renom illustre bien l'intérêt de la coloration. Pour économiser de la place et faire en sorte que son histoire tienne en 3 planches, il fait des ellipses en passant sous silence les phases de "coloration". Et coïncidence étonnante, les planches ne sont pas colorées non plus Noir et blanc strict! Constat :  C'est effectivement drôle. Ne faire que avancer paraît très artificiel et donne donc à sourire car "l'épopée" parait un brin facile. (J'ai un petit faible pour  "J'ai entendu ta plainte jeune aventurier, je vais te former, j'ai été moi-même chevalier de l'ordre blanc. Prend cette épéé. Ainsi s'achève ta formation." Une phrase  apportant une info constructive par proposition! ça c'est de l'efficacité!)

Cela donne des corollaires :
  • Une manière d'être drôle peut être de ne faire que avancer. C'est d'ailleurs un des ressorts du comique dans la catégorie "Peau de chagrin"/"Dégressive".

  • Si vous voulez tenir dans la durée, la coloration est indispensable. Si vous ne faites que avancer, en 3 planches vous avez éclusé un sujet qui pourrait tenir en 30.

  • Et conclusion plus particulière à ce cas précis, sans coloration, de nombreuses histoires "Contes et légendes" semblent des clichés sur patte...

En impro, on parle peu de la coloration, je trouve et, souvent, de "l'avancée"... Construire est une préoccupation largement répandue. Peut-être parce que cela a été très théorisé... Peut-être aussi parce que cela ne vient pas tout seul au début... Autant on peut faire des personnages très typés avec peu d'expérience, autant mener une histoire avec un début, un milieu et une fin cohérentes demande un peu de bouteille.
Et c'est peut-être aussi le piège de la coloration... Ce n'est pas parce que les bases arrivent vite que ça ne demande pas de boulot... 

Mais bizarrement, pour la construction, comme pour la coloration, le boulot est le même : Il s'agit d'apprendre à canaliser son flux d'inspiration pour lui donner une cohérence.

Ce qui implique soit, en premier de créer le flux (Travail de la spontanéité), de l'épaissir et d'y faire des choix (Travail de la culture). La version créative de l'apprentissage. Celle de l'impro théatrale bien souvent.
Soit de commencer par faire lentement des choses cohérentes pour automatiser ensuite.  La version réfléchie de l'apprentissage. Celle que je pratique en impro au piano.
La version réfléchie permet de faire des choses léchées. La version créative permet de faire des choses nouvelles.

Il y a sans doute un équilibre à trouver entre les 2.

C'est pour ça que je préconise, de temps en temps, des exercices où un comedien peut "figer" le temps pour prendre le temps de sculpter son intervention à venir, son personnage ou sa phrase... Car l'exercice n'est pas le spectacle, et on peut y prendre son temps.

Voici, dans cette idée, une proposition d'exercice. Faites moi part de vos commentaires à son sujet.

Il s'agit de séparer les rôles de comédien-auteur-metteur en scène habituellement tous tenus par tous les improvisateurs en même temps.
Les comédiens y sont remis à leur seul place de comédiens. Ils jouent ce qu'on leur propose de jouer. A l'instant où ils considèrent qu'ils ont atteint la fin des d'indications, ils se figent. Pour eux, c'est acceptation-jeu d'acteur-cohérence-écoute.
Lorsque les comédiens s'arrêtent, l'auteur, sur le banc explique l'avancée suivante, de manière très généraliste. ("Tu rentres chez toi et trouves ta maison vide.") Pour lui, c'est construction donc.
Le metteur en scène précise la coloration (Sur le chemin du retour, tu est très joyeux dans la voiture,  mais tu ne dis rien et tu nous laisse le temps de profiter de ton état, tu conduis de manière réaliste, avec des stop, des carrefours, des choix de direction. Tu ne soupçonnes rien. Ta maison est une maison de banlieue, un pavillon comme tous ceux de tes voisins. Et en faite, ta maison est vide dans le sens où tes enfants ne sont pas là alors qu'il devraient. Tu les cherches. La peur monte doucement.) Pour lui c'est coloration, spécificité et cohérence.
Les comédiens jouent la proposition et finissent de rajouter des détails, dans l'espace mince qu'il leur reste, en respectant l'ambiance qui semble avoir été voulu par les 2 directeurs. Ils ne cherchent pas à être originaux ou surprendre, mais plutôt à se mettre sur la ligne qu'on leur a proposé et aller dans ce sens. Jusqu'à ce qu'ils se figent de nouveau.
Prendre son temps au départ puis accélérer un peu après quand le fonctionnement de l'exercice est intégré.
Et bien sûr, s'exercer à tout.
Comme d'habitude

L'impro, ça dépote... Alors des fois, on rempote !

Dimanche 31 Juillet 2011, 10:10

Aujourd'hui, un message particulièrement destiné aux personnes qui suivent des ateliers d'impro... Dédié à Sabine, Annette, Sandrine, Fabien, Mélanie, Laure et tous les autres... Je ne sais pas si j'en ai déjà parlé... Peut-être que ce sera une redite... Mais dans tous les cas, c'est de saison...  Car vient un moment où cela arrive. Sauf aux plus malchanceux qui décéderont avant. (Ceux qui arrêtent ne comptent pas. )

Le TERRIBLE changement d'équipe, le changement de groupe, le changement de formateur...

Un truc qui fait peur à plus d'un-e...

ça se comprend...

Car, en atelier, on partage des moments forts, on se dévoile, on se montre sous tous ses jours. Pas tout le temps, parfois, par bribes, on se découvre mutuellement. En jouant ses masques, on apprend à les laisser tomber.  ça sent la Nature... Et c'est vécu comme une prise de risque.

Alors forcément, les gens avec lesquels on fait ça, prennent une teinte particulière. Amitié, camaraderie, bienveillance, un peu tout ça à la fois.  Et quand on a trouvé des personnes qui composent le bon climat pour qu'on se sente de le faire, difficile d'envisager le changement.

On imagine qu'on ne retrouvera jamais rien de pareil. Que les autres équipes sont forcément moins bien. Et puis que ces équipes se connaissent déjà...alors s'intégrer...pfff...

C'est en partie vrai...

C'est un peu comme un lierre qui pousse sur un tuteur. Il prend la forme du tuteur. Et quand on change le tuteur, l'adaptation n'est pas une chose facile.

Mais c'est sans compter sur le jardinier...

Ouaip, normalement, dans votre nouvelle troupe, il y aura un formateur ou une formatrice...

Et une personne qui se donne cette étiquette, doit, selon moi, savoir gérer un groupe. Ce qui inclus gérer leur intégration et la transformation du groupe suite à cette intégration.

En imagée, si le jardinier est bon, le lierre va déformer le nouveau tuteur.

Pas trop non plus. Juste ce qu'il faut.

Vous ne vous sentirez pas à la maison mais il vous paraîtra possible d'y élire domicile.

Ne vous attendez pas non plus à ne fournir aucun boulot. Et ouais... Mais, par contre, si votre objectif n'est pas seulement de vous amuser mais aussi de devenir un peu meilleurs en impro, attendez vous à être récompensé-e-s...

Parce que sous les appellations très génériques de "théâtre d'impro", d' "impro" ou d' "improvisation théâtrale.", et j'en passe, se cachent des conceptions très différentes...

Pour vous en convaincre, je peux vous proposer de consulter cette illustration, sur le site de Christophe Tournier. Chaque cadre représente une facette, significativement différente des autres, de l'impro.
Et je ne parle même pas des différences de conceptions entre les formateurs-trices... A titre perso, j'aime plutôt la rencontre, la coopération, la bienveillance, l'humour, les actions de groupe, les catégories "théâtrales", les personnages typés, la beauté visuelle... D'autres apprécieront, pêle-mêle  le défi personnel,  le dynamisme soutenu, le bon mot,  la compétition, l'expression de soi, l'interiorité, les catégories "performance",...

Alors, si vous voulez explorer largement et découvrir des horizons qui peuvent vous plaire, le changement de groupe est une chose super. A condition de le faire avec le bon état d'esprit...

Le contre exemple parfait fut mon premier changement de troupe... Difficile. J'étais persuadé que la vision de l'impro que j'avais était "LA" bonne. Et du coup, non seulement je n'ai pas profité pleinement de ce que cette troupe pouvait m'apprendre mais, dans l'autre sens, ma position de supériorité rendait ce que je pouvais avoir à dire repoussant... Mon deuxième changement de troupe ne fut guère mieux...  Ouaip, il m'aura fallut 3 troupes pour comprendre un truc tout bête..

La nécessité d'arriver en position basse.
Arriver sans certitude de ce que "doit" être l'Impro ou pas.
Pour arriver avec les écoutilles ouvertes à fond et avoir la possibilité d'enrichir votre cocktail.
Alerte. Sans peur ni a priori.
Pour rencontrer des gens supers, il faut quitter des gens supers...
Changer sans pleurer sur ce qui n'est plus mais sourire de ce qui a été.
Sourire et dire oui à ce qui vient.

Pour finalement vivre son changement de groupe comme une belle nouvelle impro. 

Secret de créativité par John Cleese

Dimanche 26 Juin 2011, 10:10

En ce moment, je suis en plein dans la création du stage "Créativité, spontanéité pour les thérapeutes".

Aussi, voici une petite vidéo de John Cleese. John Cleese fut un des Monty Python et reste un acteur reconnu, essentiellement dans le registre de la comédie.

Dans cette intervention au Forum Mondial de la Créativité, il parle de la manière de travailler pour favoriser la créativité. Et je ne suis pas insensible à sa dégaine qui n'est pas sans rappeler celle de Milton Erickson...




Pour les non-anglophones, voici un résumé de ce qu'il y explique...

  • Il préconise tout d'abord de dormir sur vos problèmes.
Tard vaut mieux que maintenant.
Selon lui alors qu'on peine à trouver la solution à un problème en s'y acharnant, il arrive souvent que celle-ci survienne lorsqu'on ne s'y attend pas, par exemple après une nuit de sommeil. John Cleese évoque ensuite à ce sujet un manuscrit perdu qu'il a dû réécrire de mémoire. Lorsqu'il a retrouvé l'original, il s'est rendu compte, en les comparant, que le second était significativement meilleur. C'est selon John Cleese la preuve que l'inconscient continue à travailler, même après la fin du travail.

  • Vos idées viennent, d'on ne sait où... Mais sûrement pas de votre ordinateur alors choyez-vous!
J'aime beaucoup cette petit tranche d'humour anglais. (Qui se caractérise par le fait de donner force détails absurdes sur un ton on ne eut plus sérieux, ce qui ramène à cet autre stage "Etre Spécifique", déjà disponible auprès de votre serviteur.)
"Les gens me demandent souvent d'où me viennent mes idées. Ce à quoi je répond qu'elle me viennent de Sir Ken Levinshow, qui vit en Suède et me les envoie sur une carte postale chaque lundi matin. Il dit qu'il les tient lui même de Lady Margaret Powder qui vit à Island White. Mais Lady Powder, elle, refuse de citer ses sources."
Il en déduit que les idées nous parviennent grâce à l'Inconscient. Le tout est de se mettre dans un état d'esprit qui permette à ces idées d'émerger.

  • Il suggère donc enfin de créer des oasis contre les interruptions

Si la créativité est un fil qui se déroule, un peu comme d'une bobine de machine à coudre, alors couper le fil de vos idées est la pire chose qui soit pour leur expression. Les interruptions sont donc à bannir. Pour être dans les conditions de créativité optimale, il n'y a selon Cleese qu'une solution : Se créer des sortes "oasis" dans l'emploi du temps. Se fixer des limites de temps et d'espace pour être tranquille.
Au milieu de nos vies stressées, il faut savoir se mettre à l'abri des interruptions.

Une séance de thérapie ne ressemble-t-elle pas, selon sa définition, à une oasis? 

De l'importance des points fixes...

Dimanche 29 Mai 2011, 10:10

Les points fixes, en manipulation, cela rassemble plusieurs techniques. Ces techniques consistant à donner l'impression de la fixité d'un point. Oui, c'est de la paraphrase.

On peut distinguer les techniques de bases avec objet et sans objet.

Lorsqu'il s'agit de manipulation d'objet, il s'agit  de donner l'illusion que l'objet est fixé dans l'espace par un de ses points.  Oui, c'est encore de la paraphrase.
Cela donne l'impression que l'objet a une volonté propre ou est manipulé par une force autre que celle du manipulateur.

Un joli exemple est donné ci-dessous. Coupez le son car il est juste...très laid. Alors que visuellement...



Lorsqu'il s'agit de mime pur, il s'agit  de donner l'illusion qu'une partie du corps est fixée dans l'espace.  Oui, c'est toujours de la paraphrase.
Jude Parry explique cela très bien. Pas la paraphrase, le point fixe.

En fait, l'illusion de point fixe est créée, certes par la fixité mais aussi, par effet de contraste, par le mouvement d'autres parties du corps. Enoncé d'un autre point de vue, Carlos Martinez dit que le pouvoir du mouvement vient de l'absence de mouvement...

Jude Parry propose ensuite un découpage d'une posture avec point fixe.
D'abord le point.
Ensuite la posture.
Et finalement le mouvement dans la posture.
Car un de trucs est justement de séquencer : Fixer-Bouger-Fixer-Bouger-Fixer.
En impro, on bouge beaucoup mais on fixe rarement...



Les points fixes peuvent donner différents effets. Le plus connu est celui de la surface de verre, vu dans la vidéo. Mais en fait, la plupart des manipulations en mime relèvent à un moment ou à un autre d'un point fixe... C'est le cas des manipulation mimée à 2 mains (genre passer le balais) qui impliquent des distances relatives fixes. Les points ne sont pas fixés dans l'absolu mais l'un par rapport à l'autre.

Pour terminer un sketch reposant intégralement sur les points fixes d'un objet, "la bouilloire sauvage" de James Donlon.



Le travail des points fixes est un gros boulot mais qui a un rendu superbe sur scène et donne beaucoup de "véracité" au mime.
Son complément indispensable est le travail sur les isolations, consistant à ne bouger qu'une seule partie du corps.

Ainsi je ne saurai que trop vous recommanderl'intégralité des capsules de cours en ligne de Jude Parry mais aussi celle de Mark Wenzel.

Mummenschantz, le jeu du masque, poussé au loin...

Dimanche 8 Mai 2011, 10:10

Mummenschantz est un groupe qui, depuis 1972 fait du théâtre-objet. C'est un peu réducteur de dire ça...

En fait, il s'agit, initialement de 3 personnes qui voulaient tout simplement créer une nouvelle forme de théâtre, qui dépasserait les limites des cultures.
Leurs spectacles sont donc très visuels. Ils font appels à de nombreux personnages que l'on pourrait semble-t-il regrouper dans 3 catégories.
  • Les masques changeant (ci-dessous)



  • Les masque intégraux ou semi-intégraux.
  • Les têtes sculptées.



Il y a 7 troupes Mummenschantz de 3 personnes qui circulent en permanence dans le monde... Ce qui fait qu'ils donnent parfois l'impression d'être partout en même temps...

Et une chose me parait certaine, ce sont des maîtres du jeu masqué, il y a beaucoup de choses à modéliser de leur jeu...

Te regarder, c'est me voir...

Dimanche 17 Avril 2011, 10:10

Marc Fernandes, un de mes premiers formateurs en impro, m'a un jour dit "Une faute ça se commet à 2."
J'ai depuis extrapolé cette phrase à la thérapie et je l'ai toujours en tête lorsque j'arbitre.
Mais aujourd'hui, je vais faire un message en revenant au fondamental en m'adressant au joueur. Le ton sera un peu professoral mais tant pis.

Une faute se commet à deux.
Cela signifie qu'une faute en improvisation est le fait de plusieurs personnes.
Cela semble évident pour les retards de jeux ou les confusions généralisées pendant une impro mais c'est aussi le cas quelques autres qui semblent plus personnalisées de prime abord..

J'ai eu l'illustration de cela, récemment lorsque 2 équipes au cours d'un match se sont trouvées mutuellement rudes...

(Rude, pour les personnes qui ne sauraient pas encore (les chanceuses!), c'est un comportement où on a tendance à imposer ses idées. Cela peut se traduire de bien des façons : Définir le personnage de l'autre avant qu'il ait eu le temps de le faire, refuser des propositions, donner des ordres à l'autre.)

En discutant avec avec un des joueurs, je l'ai ainsi entendu dire "Il ne m'a même pas laissé le temps de dire qu'on était dans un cabaret et il m'a carrément imposé son supermarché!" Ce à quoi, je peux répondre "Ah...Oui...Tu aurais préféré que ce soit lui qui abandonne son idée de supermarché..?"

Ainsi la rudesse, n'est elle pas ressentie du fait d'un manque de flexibilité ou de générosité...?
Le manque d'écoute n'est il pas un le reflet d'un manque d'incisivité, d'un abandon d'idée ou encore d'un manque de clarté ou de précision?
Une intervention n'a-t-elle l'opportunité d'être un cabotinage que si l'information qu'elle apporte n'est pas intégrée?

De cette dualité qui définit, en creux, d'autres carences, j'ai déduis une chose simple : Ma perception du jeu de mon partenaire m'informe sur ma propre philosophie de jeu, voire mon propre jeu.

Si vous ressentez que l'autre a un comportement de jeu gênant, cherchez-en la cause dans votre propre fonctionnement. Vous y trouverez une pistes d'amélioration.

Comme disait l'épouse de Guillaume Tell, "L'archer est un modèle pour le sage : Quand il a manqué le centre de la cible, il en cherche la cause en à lui-même"

Et toc! 

Pourquoi j'aime Lady Gaga...

Dimanche 20 Mars 2011, 10:10

Il m'est avis qu'avec les vacances qui s'annoncent, je vais peut-être retrouver un peu de temps pour écrire... (C'est d'ailleurs un des changements de l'an prochain j'espère, conserver le temps d'écrire y compris en pleine saison...)

Et je commence avec un sujet grave.
Lady Gaga.

Les gens qui me connaissent un peu diront "Quoi??? Mais WTF? Pourquoi?"

Et ceux qui me connaissent bien diront peut-être "Logique..."

Peut-être mon idée de cette personne est-elle fausse mais, il me semble que cette personne...

  • est une vraie technicienne. ( Une fichue pianiste! )
  • est une performeuse au top, se donne à fond et est dans le moment présent.
  • fait avec beaucoup de sérieux une chose qu'elle sait ne pas être grave.
  • tâche de donner une "expérience complète" à son public, visuel, sonore, émotionnel.
  • connaît très très bien ses classiques et ne cache pas ses inspirations.
  • en conséquence, sait très bien ce qu'elle fait, et est capable de l'expliquer.
En 2 mots : Elle maîtrise.

Et ma foi, voilà des caractéristiques que j'aimerais bien avoir... Et à défaut, j'apprécie énormément d'en profiter chez les personnes qui partagent la scène avec moi. Au delà de l'aspect artistique, qui comptent beaucoup quand même aussi, ces caractéristiques me paraissent des compétences de première importance  chez un pro... Juste de bonnes idées au bon moment, ça me parait insuffisant...

Bon, j'aurai aussi pu faire les même constats avec Bjork ou, encore dans un autre style Juliette Nourredine, mais c'était déjà un peu moins mainstream et le titre aurait été moins accrocheur. Et  ça se soigne un titre, ça se soigne...

Nouveau, j'ai un flux RSS!

dimanche 27 février 2011, 10:10

J'ai la nouvelle version de mon éditeur de site et dans celle-ci, il y a... la possibilité de bénéficier du flux RSS!

Même plus besoin de venir sur mon site pour profiter du fait que je ne poste quasiment pas!

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N'est ce pas merveilleux?

En jeu!

dimanche 13 février 2011, 10:10
De temps en temps, je dois annuler un de mes cours...
Et certains de mes élèves ont pris l'habitude de se retrouver quand même et de passer la soirée ensemble. Souvent, il-le-s jouent.
Ils jouent à un jeu qui me semble un bon entraînement à l'impro!!!
Et qui n'a pas besoin de beaucoup de matériel pour être reproduit à peu de frais!
Décidément, il-le-s n'ont que des qualités ces élèves...

A l'heure où la LMI sort le jeu du match d'impro pour jouer au match d'impro à la maison, je vais donc faire un petit post à son opposé : Jouer à des jeux de société en atelier...

La star des jeux chez mes élèves, c'est  Time's up.

Le principe est simple, ça se passe en 3 manches.
Au début, chacun-e note sur un papier le nom d'une personne fictive ou réelle connue.
On mélange les papiers et on forme des binômes ou des trinômes.
Ensuite, à chaque manche le principe est simple : En une minute, il faut faire deviner à ses partenaire de jeu le maximum de noms de la pile. On a le droit de passer les nom qu'on trouver difficile. Pendant ce temps les autres équipes surveillent la minute qui s'écoule. Ensuite une autre équipe joue. La manche se termine quand tous les noms ont été devinés. Chaque équipe est susceptible de passer plusieurs fois

Lors de la première manche, pour se faire deviner, on a le droit de parler et de faire appel à toutes les ruses de langage (Sauf dire le nom, of course...), les autres ont droit à toutes les réponses qu'il-le-s veulent.
Lors de la deuxième manche, on a le droit de dire un seul mot et les autres n'ont qu'une seule réponse. Attention les autres équipe veillent et font passer lorsque ça rate!
Lors de la 3e manche, rebelote, une seule réponse possible mais là, on mime.

Beaucoup moins facile que ça en a l'air...

Moi, dans la série jeu adaptable en atelier, j'aime beaucoup Tic-Tac-Boummm!

A chaque manche, une personne sort du cercle. Elle se bouche les oreilles. Celle-ci regarde une horloge et décide d'un temps compris entre 5 secondes et une minute. Pendant tout ce temps elle dit Tic-Tac d'une manière un peu sadique. A la fin du temps qu'elle a elle-même déterminé, elle dit fortement " Boum ! ".

Les autres sont en cercle et se passent un témoin (Une balle par exemple.). Un dé est tiré en début de manche. On ne peut passer le témoin que si on a dit un mot. On dit un mot qui commence (Dé 1 ou 2), contient (Dé 3 ou 4) ou finit (Dé 5 ou 6) par une syllabe piochée (J'en ai préparé une petite cinquantaine, c'est très suffisant !!!) au début de la manche  de jeu. C'est la même syllabe pendant toute la manche, qui peut durer plusieurs tours de cercle.
Le perdant est celui qui a le témoin lors du " boum ". ça peut-être cette personne qui sort du cercle et fait le décompte. Ou alors, c'est chacun-e son tour.


Avec le même principe de décompte de temps aléatoire et de passage de témoin, il y a Patate Party. Là, il s'agit plus simplement de faire une association d'idée sur le mot donné précédemment.
Le principe du décompte aléatoire par une personne peut être exporté sur plein d'exercices et ajoute un petit enjeu souvent apprécié. ça permet de travailler la "mise sous pression" et le fait de conserver ses moyens malgré elle.


Pour bosser sur le langage, il y a aussi le Taboo. Mais là, il vaut mieux avoir la boîte. Comme pour le Jungle Speed (Super pour la rapidité et l' écoute. En un mot, pour percuter.)
ça coûte un peu cher mais les 24, 25, 26 décembre, souvent c'est 50% sur tout le rayon jeux et jouet au supermarché. Faut y penser mais quand c'est le moment : Tayaut!

Le statut du Conteur.

mercredi 5 janvier 2011, 10:10
Comme vous le constatez, je publie peu ces temps...C'est juste que j'ai beaucoup de travail par ailleurs... Et quelque chose me dit qu'avec la saison des spectacles qui s'annonce, je ne vais pas aller vers plus de publication... J'essaierai néanmoins...

Voici un sujet que je fais remonter, spécialement pour le gens de l'Impropub de Grenoble pour qui je vais aller assurer un cycle de stage sur le conteur et le conte !

J'ai été sensibilisé au conte et à la fonction de conteur lors du passage de Atavi-G Amadegnato à Grenoble, en 2004. Mr Amadegnato est togolais. Ce qui me fait penser que j'ai une conception africaine du conteur.
Mais j'ai aussi l'impression qu'il y des choses transversales qu'on retrouve chez beaucoup de conteurs et conteuses. Voici un condensé de ces choses. C'est une vision parmi d'autres…Je pense que c'est à chacun de bâtir son propre personnage en adéquation avec son sentiment, pour sonner au plus juste…

  • Cell-ui qui conte règne sur le temps et l'espace qui lui est confié.
Statut de personnage légèrement dominant. Présence, aisance, maîtrise.
Sa voix est posée, ventrale.
Il-le est ancré au sol. Ses bras sont toniques, pas en force mais en puissance contenue.
Son regard est intense, dirigé. Il-le vise les regards des autres
La scène est son espace.Il-le s'y installe de manière à voir tout le monde. Et le public est entre ses mains…

  • Cell-ui qui conte a une connaissance certaine (ou sait mentir très bien !)
C'est sa connaissance qui lui autorise d'être dominant-e. Il-le Sait.
S'il ment, tout ce qu'il dit « est vrai ».
Tout ce qu'il fait ou dit, il l'a déjà vu ou entendu.
Tout ce qu'il-le dit est ce qui devait être dit.

  • Cel-lui qui conte recycle.
Il-le sait sait s'imprégner de la culture locale.
Il-le utilise les ritournelles, les jeux d'enfants du passé, les remet à son goût, au goût de l'histoire et les intègre.
De cette manière, il-le se sert de ces éléments autant qu'il les fait réapparaître mais aussi les fait évoluer.

  • Cel-lui qui conte ambiance ses histoires.
Il-le utilise son corps pour produire les sons, les musiques qu'il lui faut.
Il-le peut adopter des personnages en prenant tous les traits.
Il-le alterne entre son propre personnage et ceux de l'histoire.
Les gestes, peu nombreux mais signifiants et précis précèdent la parole.

  • Cel-lui qui conte transmet.
Il-le maîtrise son débit de parole.
Le rythme de ses paroles est celui de l'histoire.
Il-le fait très souvent silence.
Les virgules sont des points et les points sont des respirations.


Des mots, des images, du sensationnel ; Des changements de rythmes, de personnages ; De l'émotionnel ; Utilisation d'étaies d'éléments connus ; Statut dominant…  Du coups, ce n'est pas sans rappeler des notions de PNL et de communication ericksonienne tout ça, non ?
Le conte ayant longtemps été un outil de transmission et d'éducation, pas étonnant qu'au cours du temps, les ressorts permettant une communication plus efficace aient été trouvés…
Et pas étonnant non plus que « le storytelling » aient été repris à leur compte par les politiciens.

Biblio et pistes de réflexion:


Des ressources pour la construction de personnages

Lundi 4 Octobre 2010

Les personnages sont des tissages de caractéristiques.
Mais pour les commencer, il faut bien tirer sur un premier fil...
Voici quelques ficelles :

La liste wikipedia des vieux metiers.
Car les personnages d'impro d'époque ne sont pas tous cordonniers, forgerons ou chevaliers. Il y a aussi des aumussiers, des fumistes et des schlitteurs.

Un site où on peut entendre des accents de France.
Car les accents sont très symboliques et portent beaucoup de choses en peu d'effort.

Et puis, aller, pour le fun, quelques postures de départ.
Toutes les apprendre par coeur pour demain.
Sauf si bien sûr, vous savez bouger votre corps....!


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Liens

D'autres blogs au sujet de l'impro..?

Blogs de plusieurs improvisateurs-trices d'horizons variés.

Le blog de Monsieur Christophe Tournier. Une référence francophone!

Ian Parizot officie sur Le Caucus mais réfléchit à l'impro sur son propre blog aussi. De bon aloy.

Ouardane, je ne le connais pas mais il dit des choses biens!

Et puis au cas où...


L'annuaire de l'impro sur le net!


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